24/05/2011

Les noces du miel et du soleil

espiraC’est un soleil triomphant qui, dès le petit matin, a illuminé la vingt-troisième fête du miel, la sixième à Espira. La confrérie des goûteurs de miel a été à la manœuvre toute la journée, en compagnie de la municipalité qui a apporté tout son soutien logistique. L’esplanade et le mail de l’espace Jean Teulière ont tôt été investis par les étals des apiculteurs, qui étaient au nombre de cinq, avec le local de l’étape, Delphin Sanchez, et sa petite charrette, mais aussi par d’autres stands qui présentaient des produits du terroir, charcuterie, fruits et légumes, cafés, jus de fruits, mais aussi bibelots, et jolis objets d’art, comme par exemple de superbes albums, carnets et agendas en papier mâché. L’atelier espiranenc de peinture sur soie apportait sa touche artistique avec ses créations multicolores qui enjolivaient l’esplanade.

Le grand moment de la fête, bien sûr, a été l’extraction du miel nouveau. C’est  André Huguet, le grand maître de la confrérie en personne, en compagnie de son confrère Michel Barcelo, qui se chargea de l’opération, avec pédagogie et professionnalisme, devant un public passionné, où les enfants n’étaient pas les moins intéressés. Une fois extrait, le miel a été béni par le Père Villemin, qui, en quelques mots simples, célébrait ce produit naturel et ces abeilles si menacées aujourd’hui, même si André Huguet pensait que le mauvais temps pour elles semblait en train de s’éloigner puisque on assistait dans le village au  retour des essaims, comme il en avait trouvé dans les murs de l’église et même dans les murs de la salle Joan Cayrol. On passa ensuite à l’intronisation de nouveaux confrères : Stéphanie Bacqué, jeune apicultrice à qui cette année la confrérie avait confié le soin de récolter le miel nouveau, un miel de romarin recueilli sur les hauteurs d’Opoul, terroir indépassable pour ce miel, et Jean-Marie Rosenstein, l’historien catalan à la bibliographie aussi fournie que variée et passionnante, vouée aux milles richesses du pays catalan. Les deux impétrants ont été intronisés selon l’usage, après l’épreuve de l’hydromel passée avec succès et la dégustation commentée du miel. Et pour les espiranencs, ce millésime avait une saveur particulière puisqu’il célébrait le plus ancien apiculteur du village, François Goudin, mort centenaire à l’entrée du siècle, et qui a récolté le miel pendant des décennies. Une exposition dans la salle Joan Cayrol lui était consacrée, avec photos, présentation de ruches, documents et objets devenus de précieux témoignages d’un riche passé et d’une expérience inégalable.

L’après-midi a renouvelé l’opération d’extraction pour les retardataires, qui ont aussi pu se faire dédicacer l’ouvrage de Jean-Marie Rosenstein, Abeilles et miel en Catalogne Nord, et poser des questions à l’historien, puits de science et monument de convivialité malicieuse.

Et la fête s’est poursuivie jusqu’à l’arrivée du crépuscule, même si un certain nombre d’espiranencs ont déserté l’esplanade de l’espace Jean Teulière pour faire les quelque lieues les séparant de Pézilla de la Rivière, où leur club de rugby, l’ESC-BAC-ASP, a bataillé ferme pour décrocher son deuxième titre consécutif de champion du Roussillon.

Et André Huguet, jamais à court d’idées ni à bout de souffle, préparait déjà avec son compère Daniel Camenen la prochaine édition de la fête du miel. Toujours à Espira, bien sûr.

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