23/09/2011

Solidarité du monde rural

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Le monde paysan, et en particulier le monde vigneron, ce n’est pas seulement le travail de la vigne, la récolte du raisin, l’élevage du vin, mais aussi un long et épais tissu de solidarité tramé et consolidé de génération en génération.

C’est ainsi qu’a été créée par la Mutualité Sociale Agricole des Pyrénées-Orientales, dans les années 60, l’association Joseph Sauvy, présidée par Rose de Montella, qui est gestionnaire d’établissements sanitaires  sociaux et médico-sociaux pour pallier les carences qui existaient dans la prise en charge des personnes fragilisées et en difficulté en milieu rural.

Parmi ces nombreux établissements, il y a les Etablissements et Services d’Aides par le Travail ( le ESAT).  Ces établissements permettent aux personnes handicapées d’exercer une activité à caractère professionnel dans un milieu de travail protégé. Prises en charge, reconnues dans leur fragilité même ou leur rupture sociale, accompagnées dans le respect de leurs droits et de leurs libertés, respectées, elles trouvent dans cette insertion par le travail l’apprentissage d’un métier intéressant et varié, exaltant et profondément enraciné dans la culture nord-catalane, l’appréhension des responsabilités, la découverte de la vie en commun et le sens aigu de la solidarité. Ainsi, par l’entremise de ces ESAT, l’engagement et les valeurs qui s’expriment au travers de l’aide et de l’accompagnement des personnes handicapées et de leurs familles puisent leurs racines dans la solidarité du monde agricole et essayent d‘apporter la plus grande variété de réponses, individuelles ou collectives, et l’association Joseph Sauvy reste attentive aux évolutions sociales, culturelles et légales et n’a de cesse d’adapter ces réponses aux besoins existants.

Si l’un de ces ESAT a choisi le nom du grand poète catalan Joan Cayrol, qui était, comme chacun sait, espiranenc, l’ESAT «  les Terres Rousses », lui, se voue à la culture de la vigne et à la création de vins de diverses gammes. Il travaille une propriété viticole de plus de 20 hectares sur les terroirs de Bompas, de Cabestany et, depuis peu, d’Espira sur une dizaine d’hectares aux « Balmettes », des coteaux de terres noires où poussent grenache noir, macabeu, muscat, syrah, mourvèdre et lladoner pelut. Et l’ESAT, sous la conduite de son directeur Didier Joly, vient de faire ses premières vendanges à Espira, dans un lieu enchanteur, au pied du mas Kilo, sous la protection tutélaire de la Tour del Far. Encadrées par Patrice Cambris, moniteur vitivinicole et Antony Marchais, moniteur maraîchage, une dizaine de personnes handicapées sont venues vendanger et ont reçu un accueil chaleureux et attentionné de Gérard Bile, le maire du village, accompagné de son premier adjoint, Antoine Sanchez, et de Jean-Marie Serre, ancien président de la MSA, vigneron  et espiranenc de toujours, qui est un peu à l’origine de l’arrivée de l’ESAT dans la commune et a fait le trait d’union entre les différents acteurs de cette entreprise. Ils ont été rejoints sur le terrain par Yves Barbe, directeur général de l’association Joseph Sauvy, et ainsi une convention a pu être établie pour que les travailleurs de l’ESAT puissent être hébergés par la commune, le temps de midi, à la «  Maison des Frères ».

Et, le temps d’une pause, dans la douceur matinale de l’été indien, élus, responsables de l’association et vendangeurs se sont retrouvés dans cette ambiance si particulière et si joyeuse des vendanges à l’ancienne, avant que les machines à vendanger, certes si pratiques et si utiles, ne viennent dépeupler les vignes  Et cela, comme dans un clin d’œil, Joan Cayrol l’avait déjà dit, dans un de ses plus célèbres poèmes.

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