17/05/2012

Carnet de deuil

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Nico

Toutes les morts sont injustes. Mais quand ce mauvais sort frappe la jeunesse, la gentillesse, l’espérance, la joie de vivre, à la peine et la douleur s’ajoutent l’incompréhension et la révolte. Nicolas Idjellidaine a été brutalement enlevé à l’affection des siens dans la nuit du 6 au 7 mai, à 33 ans, trahi par son grand cœur, alors que rien ne laissait présager un aussi funeste destin. Nicolas avait été l’un des premiers à venir voter, à l’ouverture du bureau de vote, ce dimanche 6 mai, avant de monter dans le bus avec son équipe, son club, l’ESC BAC ASP, pour aller aux portes de Carcassonne affronter en barrages de promotion d’honneur l’équipe toulousaine de l’Union. Entraîneur-joueur, ce jour-là, il était resté sur le banc de touche, pour guider, conseiller, puis consoler ses joueurs après une cruelle défaite. Et il les avait accompagnés dans la soirée, à son habitude, un court moment, à l’écoute de tous, sans un mot de colère ou de reproche, avant de rentrer chez lui avec Virginie son épouse pour retrouver cette intimité et cette chaleur familiales qu’il cultivait au plus haut degré.

Nicolas était l’un des plus anciens sociétaires de l’ESC BAC ASP : arrivé en minimes de l’USAP, via Rivesaltes, il avait franchi tous les échelons, cadet, junior, senior, avec ses copains de toujours, Dédé, Kamel, Jérôme, tous les autres. Athlète irréprochable, d’une hygiène de vie exemplaire, attentif à tout, ouvert à tous, amoureux de la vie,  le rugby était l’une de ses passions, et une autre était l’enseignement : c’était sa volonté et il avait ainsi obtenu de haute lutte le CAPES d’EPS, était parti enseigner , comme c’est le lot de beaucoup de jeunes fonctionnaires de l’éducation nationale, en région parisienne quelques années, sans arrêter de jouer et en commençant à entraîner, puis était revenu au pays, et avait naturellement retrouvé son club, comme joueur puis entraîneur-joueur.

 Sa compétence, tant technique que pédagogique, sa gentillesse, son sens des relations humaines, son élégance naturelle avaient fait l’unanimité. Joueur de classe, demi de mêlée ou demi d’ouverture de prédilection, il pouvait jouer à tous les postes des lignes arrières avec un égal bonheur. Son coup d’œil, sa vitesse, la précision de son coup de pied lui donnaient toujours un temps d’avance sur l’adversaire. Espira était devenu son village, non loin de son village natal , Salses, d’où il était venu en voisin et où il retournait souvent voir ses parents.

L’émotion dans le village est unanime, et  la peine du club est immense, même si elle n’est rien, bien sûr, devant la douleur de ses proches.

A Virginie, son épouse, à ses parents, qui l’ont toujours accompagné et le suivaient le long des mains courantes, avec l’inquiétude de la maman et l’œil toujours un peu critique du papa, ancien rugbyman, à toute sa famille, nous présentons nos plus affectueuses condoléances.

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