02/07/2012

Carnet de deuil

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Annie Piquemal nous a quittés, brusquement, brutalement, trop tôt, trop vite. A 65 ans, l’implacable maladie l’a emportée. Elle l’a affrontée, accompagnée et soutenue à chaque instant par son mari Pierre, le compagnon constant des bons et des mauvais jours.

Les bons jours, c’est l’éclatante réussite du domaine Piquemal, ce domaine vitivinicole transmis de génération en génération depuis des décennies, ce palais du vin qui borde et embellit la route de Bayonne et qui impressionne visiteurs et passants, c’est la qualité et la renommée des vins élaborés avec science, passion et amour, ces cuvées aux noms chargés de poésie et de symbole, comme «  le chant des frères », qui invitent au partage et à la célébration, récompensées dans tous les concours, c’est cette réussite entrepreneuriale et familiale qui force le respect, cette cave révolutionnaire équipée de panneaux photovoltaïques qui assurent l’autonomie énergétique du domaine, c’est encore une diversification réussie avec une oliveraie et la confection d’une huile d’olive. C’est une famille unie, sur ce terroir espiranenc, sur les terres du «  Picarillou » ancestral.

Et puis, les mauvais jours, c’est la perte irréparable, insupportable, il y a à peine deux ans, de Franck, le fils tant aimé, à 40 ans à peine, qui avait, avec sa sœur Marie-Pierre, pris la suite de Pierre, comme Pierre l’avait prise de François, son père, et de Justin, son grand-père. On ne se relève pas d’une telle douleur. Et pourtant Annie et Pierre ont fait front, sont retournés au combat quotidien, avec leur fille, leur gendre et leur belle-fille, pour ces petits-enfants, et parce que la vie continue  malgré tout.

Annie régnait dans son domaine, comme la grande dame qu’elle était, accueillante, souriante, disponible, et diserte, recevant  chaque client comme un ami de toujours. Avec Pierre, ils sont allés ensemble au bout de leur destin, sans rien laisser paraître de cette peine insupportable, de ce  mal irrémédiable, sans se plaindre. Le courage a été leur force et leur révolte.

Le village et les amis arrivés de partout sont venus en nombre pour accompagner Annie dans son dernier voyage. Elle repose près de Franck, à quelques mètres de leur  domaine. On s’incline avec respect devant cette grande dame qui vient de nous quitter. A Pierre, à ses enfants, à ses petits-enfants, à toute la famille, nous présentons nos plus amicales condoléances.

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